SITUATION SECURITAIRE : Le calvaire oublié des populations se poursuit

Le Burkina Faso fait face à une guérilla terroriste avec une récurrence des incidents sécuritaires au point que des parties du pays au contrôle de l’Etat. Les populations des régions du Centre Nord, de l’Est et du Sahel qui vivent le martyr ne savent plus à quel saint se vouer.

Par Atiana Serge OULON atioul7@yahoo.fr

Envie-t-il les Ouagalais dans leur quiétude ? En cette soirée du 18 avril 2020, pendant que nombre de personnes ont les yeux rivés sur les écrans de la télévision nationale qui retransmet en direct le Coronathon, une initiative populaire et citoyenne de collecte de fonds pour la lutte contre le Covid 19 au Burkina Faso portée par l’Assemblée nationale, cet habitant de la ville de Titao province du Loroum région du Nord située à plus de 200 kilomètres au nord de la capitale burkinabè a la tête ailleurs. Enseignant au Collège d’enseignement général (CEG) de Toulfé, une quinzaine de kilomètres de Titao, s’il est tourmenté ce n’est pas parce que qu’il s’apitoie sur son sort à lui. Il se tourne les pouces parce que son établissement tout comme la plupart des établissements de la province sont fermés depuis deux ans à cause de l’insécurité. L’assassinat le 16 avril dernier de son logeur dans ce village par des individus lugubres le déchire. Le corps est resté dans la nature pendant des jours. Il est resté ainsi avant de trouver une sépulture. Des histoires d’inhumanité similaires sont devenues presque le quotidien de nombre de Burkinabè donnant l’impression aux populations des régions du Centre Nord, de l’Est et du sahel et même des militaires déployés dans ces zones que l’autorité centrale les a abandonnées.

A Kongoussi chef-lieu de la province du Bam région du Centre Nord, qui abrite des milliers de déplacés internés 1 141 déplacés internes qui ont vu leurs domiciles de fortune endommagés par l’intempérie du 19 avril. Le ministre en charge de l’administration territoriale Siméon Sawadogo qui y était le 23 avril pour leur apporter le soutien du gouvernement a dû s’expliquer face au millier de déplacés internes qui ont exprimé leur frustration face cet élan de solidarité et de branle-bas autour du Covid 19 alors que le terrorisme fait plus de victimes. Les ministres, le Premier ministre et le président du Faso ont cédé leurs salaires pour soutenir la lutte contre le Covid 19. Les déplacés internes ont dit au ministre qu’ils attendent le même effort à leur endroit pour leur permettre de retourner chez eux. Pendant ce temps, le 20 avril, deux personnes dont un policier sont tombés mortellement dans un guet-apens sur l’axe Fada N’Gourma-Pama dans la région de l’Est. Les terroristes étaient habillés en tenue militaire selon les informations du journal en ligne infowakat. Dans cette partie orientale du pays, des sources indiquent l’installation de postes de contrôle sur des axes routiers fréquentés entre des localités telles que Namoungou et Tanwalbougou et un autre sur Tanwalbougou et Bomana. « Le Corona n’est pas notre souci ici. On a d’autre problème sérieux que cela » a confié un habitant de Bogandé province de la Gnagna. La ville de Djibo dans la région du Sahel, elle, vit sous des incursions régulières des groupes armés.

L’Union pour le progrès et le Changement (UPC) a au cours d’une conférence de presse le 23 avril, dressé un tableau apocalyptique. Le parti de Zéphirin Diabré a déploré le silence de l’Etat dans un pays où des « citoyens sont tués, enlevés et torturés ». « Des provinces telles que le Yagha et la Kompienga échappent au contrôle de l’Etat » affirme pour sa part un habitant de la région de l’Est. « Le Haut-commissaire du Yagha face à la recrudescence des incidents sécuritaires a élit domicile dans le chef-lieu de région que sa ville d’administration située à plus de 80 kilomètres de Dori » témoigne un habitant de Dori. A l’Est des informations font état de colonisation de villages où les groupes armés dictent leur loi, port du voile aux femmes, prêches radicaux.

De sources sécuritaires, les terroristes ont distribué des vivres aux populations à l’occasion du début du jeûne. « Sur le terrain, les nouvelles ne sont pas bonnes. Une solidarité s’est établie autour du Covid contrairement à la situation sécuritaire. Les soldats manquent du minimum. L’alimentation au front et la prise en charge laissent à désirer » confie amer une source sécuritaire. Des postes de douane tels que Déou province de l’Oudalan frontière Mali et Thiou, province du Yatenga frontière Mali ainsi que Botou province du Gourma frontière Niger sont fermés du fait de l’insécurité.

Cinq ans après le début des attaques terroristes au Burkina, l’hydre n’a visiblement pas perdu du terrain en dépit des opérations antiterroristes et des succès militaires de démantèlement de bases terroristes. L’urgence est d’agir.

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