Renouvellement des organisations sportives : Des confirmations, de la tension et des surprises

                    Stella Tapsoba est la deuxième femme présidente d’une fédération au Burkina Faso

Le mois d’août 2020 a été marqué par le renouvellement des structures sportives au Burkina Faso. Les élections ont souvent été marquées par des tensions avec parfois des résultats surprenants.

Deuxième sport le plus populaire au Burkina Faso, le cyclisme attise les convoitises presqu’autant qu’en football. En entrant dans la salle le 15 août 2020, le commandant Yasnémanégré Sawadogo partait avec la certitude de conserver son poste. En faisant le décompte des ligues remportées par son camp, le compte semblait bon pour une victoire. En effet, jamais un candidat ayant remporté la Ligue du centre avec 14 voix n’avait perdu une élection à la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC). Mais grande fut la surprise après le dépouillement des bulletins. Amédé Ignace Béréwoudougou s’impose avec 44 voix contre 40. Victoire de justesse. Des supporters du président sortant parlent de trahison. Cette élection met également fin à une longue période de précampagne marquée par des tensions et des crises. « Il a promis un million de francs CFA et trois vélos à chaque club. C’est beaucoup dans le monde du cyclisme », explique un journaliste sportif.

Des tensions dans les arts martiaux

C’est également dans une atmosphère tendue que s’est déroulée l’élection à la Fédération burkinabè de Vovinam viet vo dao. Dans cette discipline, le processus électoral a fait l’objet de division entre le camp de maître Philippe Sawadogo et ceux de Maître Arouna Savadogo, tous deux candidats. Battu par une voix de différence (10-9), Arouna Savadogo a du mal à encaisser cette défaite. « Le président de séance (…) est acquis à leur cause, le président de la Fédération est aussi acquis à leur cause. Il y a quelque chose qui ne va pas. Même ceux qui votent ont été menacés. J’ai les preuves. On a menacé de ne pas donner la ceinture noire ou la décoration à certains. Tout cela, à mon avis, n’a pas été fait dans le fair-play », s’est-il plaint. Sa candidature avait été, auparavant, invalidée. Le nouveau président, Philipe Sawadogo se lance pour défis d’unir toute la famille de cet art martial minée par une crise de plusieurs années. Maître Apollinaire Ouédraogo du club Tong Nooma qui compte onze clubs, évolue en solo suite à la crise qui a divisé cette discipline. Au taekwondo, Hugolin Pooda, l’un des candidats a claqué la porte avant le début des votes pour dénoncer une injustice selon ses propos. Alors que la Ligue du centre compte, par exemple, 19 clubs, le seul vote du président compte pour la moitié des voix de cette ligue. Une irrégularité de son avis qui arrange le camp de François Daboué soutenu par le président sortant Timbo Zongo.

« J’ai cherché à comprendre mais le ministère a dit que la disposition lui a été communiquée par le bureau sortant de la Fédération. Et le bureau sortant a raconté des balivernes en disant que cette disposition venait du ministère des sports. Il me fallait connaître qui était à l’origine de cette disposition et n’ayant pas eu satisfaction, je suis parti », s’est plaint Hugolin Pooda. En son absence, c’est sans pression que François Daboué a été porté à la tête de la discipline.

Rolande Borro, présidente de la Fédération burkinabè de rugby ne s’attendait pas à une adversité pendant le renouvellement du bureau de la structure dont elle garde les commandes malgré tout. Arrivée sereine ce samedi 22 août 2020, des tensions ont marqué l’élection. Néanmoins, elle conserve la majorité des voix in extremis. Rolande Borro ne sera pas la seule femme présidente de fédération au Burkina Faso. En effet, celle du handball sera désormais dirigée par une dame. Il s’agit de Stella Tapsoba, précédemment, chargée de communication. Soutenue par plusieurs personnalités influentes du sport burkinabè, elle a remporté les élections par 40 voix contre 14 face à Bassory Traoré.

33 fédérations sportives ont renouvelé leur instance pendant ce mois d’août 2020. Le défi pour elles est de tourner la page des crises et de mettre en place leur programme au profit des sportifs.

Ousmane SADARE

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