RENCONTRE CHEF DE L’ÉTAT ET CLASSE POLITIQUE : Les coulisses des échanges

La rencontre entre le Chef de l’Etat, Roch Marc Christian Kaboré et les représentants des partis de la majorité présidentielle et ceux affiliés à l’opposition politique s’est tenue le vendredi 17 avril 2020 à Kosyam. Cette concertation dont le but est d’échanger sur la situation sanitaire du coronavirus et son impact sur la vie nationale et les élections, a permis de lever un coin du voile sur l’intention des acteurs politiques. Les élections auront-elles lieu à bonne date ? Rien n’est sûr.

Les Burkinabè seront-ils appelés aux urnes pour la présidentielle du 22 novembre prochain ?  C’est tout l’intérêt de cette rencontre entre le président du Faso et la classe politique. « Il s’agit de faire un point des possibilités à explorer en vue d’une concertation pour une visibilité à donner à la suite du processus électoral », a déclaré le Chef de l’État à l’entame de la réunion.

Ce qui a permis, selon une personnalité politique sous anonymat, de circonscrire le débat autour de l’impact du covid-19 sur le calendrier électoral. En conséquence, précise-t-elle, l’analyse de la situation sanitaire et son impact sur la vie nationale est ajournée.

La rencontre a donc porté essentiellement sur le calendrier des élections. C’est la raison pour laquelle le président du Faso a invité tous les acteurs impliqués dans le processus électoral. Il s’agit notamment du président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Newton Ahmed Barry, du ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la cohésion sociale, Siméon Sawadogo et ses collègues de l’Economie, des finances et du développement, Lassané Kaboré et de la Sécurité Ousséni Compaoré.

Vers la tenue effective des élections

Chaque acteur, sous le contrôle du président du Faso, a fait le point du processus électoral à son niveau. Ainsi, selon une source, le président de la Ceni, Newton Ahmed Barry, a présenté le déroulé du calendrier électoral selon trois scénarii en faisant ressortir les contraintes liées à chaque scénario.

Nulle part dans sa présentation, rapporte la source, il n’a fait cas d’un report des élections. Ce qui sous-entend que techniquement la Ceni est encore dans les conditions optimales d’organisation des élections couplées présidentielles et législatives à bonne date, c’est-à-dire le 22 novembre prochain.

Sur le plan financier, ce qui laisse perplexe, relève notre interlocuteur, c’est qu’en cette période de crise sanitaire mondiale, le ministre de l’Economie et des finances Lassané Kaboré, affirme que les discussions se poursuivent avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) pour la mobilisation des ressources en vue de la tenue des élections.

En ce qui concerne, le ministre en charge de l’administration territoriale, Siméon Sawadogo, certaines indiscrétions révèlent d’une part, qu’il a demandé qu’on tienne compte des dates prescrites dans le code. Et que d’autre part, qu’il serait favorable au premier scénario du président de la Ceni qui prévoit la reprise de l’enrôlement biométrique pour le 1er mai prochain.

La classe politique s’inscrit aussi dans la même dynamique, celle de voir les élections se tenir à bonne date.  A en croire notre source, le Chef de file de l’opposition Zéphirin Diabré a insisté sur le respect des dispositions institutionnelles et sur le respect des dates butoirs. Selon la même source, il a suggéré qu’en cas de difficulté que le code soit revu dans le cadre d’un accord consensuel pour régler ou contourner certains obstacles du code électoral.

L’Alliance des partis de la majorité présidentielle soulève des inquiétudes.

Tout en étant d’accord que les élections se tiennent dans le délai constitutionnel, l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) fait une analyse de la situation et soulève des inquiétudes. Pour Simon Compaoré et ses camarades, la tenue des élections à bonne date se situe à trois paliers de responsabilité : aux niveaux politique, de l’État et de la Commission électorale nationale indépendante.

On comprend alors la demande des partis de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle. Selon certaines indiscrétions, Simon Compaoré a demandé à la classe politique de faire des propositions au Chef de l’État. A l’endroit du gouvernement, les informations reçues font état de ce que l’APMP a demandé la prise d’une série de mesures concernant la fermeture des établissements, des marchés et yaars, la mise en quarantaine de certaines localités. Si ces mesures ne sont pas prises, affirme une source, Simon Compaoré pense que les mesures d’allègement que le président du Faso pourrait être amené à prendre pour faciliter la reprise de l’enrôlement va susciter de remous et sera source de tension et de discorde au sein de la population.

« Simon Compaoré a conseillé la Ceni de ne pas perdre de temps dans l’élaboration du nouveau calendrier électoral », confie notre source. Comment reprendre l’enrôlement avec plus de 500 cas de Covid-19 ? Comment procéder à la mise en place des nouveaux démembrements à l’étranger selon le nouveau code avec la fermeture des frontières ? La reprise de l’enrôlement touche-t-il au budget des élections ? Ce sont autant de questions qu’il a soulevées.

Par Raphaël N. ASPAVATI (aspavanou@gmail.com)

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