Procès des policiers du commissariat de Wemtenga : Le commissaire Galbané relaxé, ses deux collègues condamnés

Le Tribunal de grande instance de Koupèla a condamné le mardi 22 juin dernier deux des trois policiers en service au Service régional de police judiciaire de Ouagadougou. Le chef du SRPJ le commissaire principal de police Sayibou Galbané a été relaxé. Son collègue le commissaire Boubacar Ouédraogo lui a écopé d’une condamnation avec cinq ans de prison dont deux ans ferme. Le capitaine de police Hamidou Ouédraogo lui a été condamné à une peine de prison avec sursis. Les trois policiers poursuivis pour dénonciation calomnieuse, diffamation, coalition d’agents, tentative d’escroquerie et corruption ont 15 jours pour faire appel du verdict y compris le plaignant Lafama Prosper Thiombiano.

Par Atiana Serge OULON atioul7@yahoo.fr

Prison ferme pour un des trois policiers du Service régional de police judiciaire de Ouagadougou. Le Tribunal de grande instance de Koupèla dans son verdict rendu le 22 juin dernier a reconnu coupable le commissaire de police Boubacar Ouédraogo de complicité d’escroquerie et de corruption. Il est condamné à cinq ans de prison dont deux ans ferme et une amende ferme de de 3 000 000 francs CFA. Un mandat de dépôt a été décerné contre lui. Absent à la barre, un mandat d’arrêt a été lancé à son encontre. Le capitaine de police Hamidou Sawadogo lui aussi reconnu coupable de complicité de tentative d’escroquerie et de complicité de corruption a été condamné à 12 mois de prison et une amende de 3 000 000 de francs assortis de sursis. Le chef du SRPJ Ouaga le commissaire principal de police Sayibou Galbané jugé également avec ses deux collègues a été relaxé pour infraction de corruption non constituée. Il a été aussi relaxé de l’infraction de tentative d’escroquerie au bénéfice du doute. Les trois policiers ont été relaxés pour les deux faits de dénonciation calomnieuse et de diffamation.

Le tribunal présidé par Souleymane Kéré est donc allé partiellement dans le sens des plaidoiries des quatre avocats des policiers jugés à Koupèla pour des faits qui se sont déroulés à Ouagadougou en raison de leur qualité d’officier de police judiciaire. Les quatre conseils, Maitres Paul Kéré, Isaac N’Dorimana, Adama Kondombo et Désiré Sedégo avaient tour à tour plaidé pour la relaxe de leurs clients pour infraction non constituée.

La constitution de partie civile du magistrat Lafama Prosper Thiombiano a l’origine de ce procès a été rejetée. Celle du directeur général de la société « Travailler au Canada » Dieudonné Tito a été acceptée. Les deux condamnés, le commissaire Boubacar Ouédraogo et le capitaine de police Hamidou Sawadogo doivent lui payer un franc symbolique et 500 000 francs pour les frais exposés.

Le procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Koupèla Poulmè Poda avait requis sept ans de prison dont trois ans et six mois de prison ferme, une amende ferme de 5 000 000 de francs CFA et une privation des droits civiques pendant trois ans pour chacun des trois policiers poursuivis.

Substitut du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ouaga I au moment des faits et en charge du SRPJ, Lafama Prosper Thiombiano n’avait pas digéré que son nom soit cité en mai 2020 dans une affaire de tentative d’escroquerie durant la phase d’enquête préliminaire d’un dossier concernant les activités d’une société d’aide à l’immigration au Canada dénommée « Travailler au Canada » au Service régional de police judiciaire de Ouagadougou. Selon les déclarations du directeur général de la société Dieudonné Tito devant le juge d’instruction lorsqu’il a été déféré au Tribunal de grande instance Ouaga I, le policier enquêteur, le commissaire Boubacar Ouédraogo lui a fait une proposition de paiement de 23 000 000 de francs CFA à répartir entre le substitut Thiombiano, son chef à la police et lui-même pour laisser tomber l’affaire. Le magistrat avait déposé une plainte contre les policiers. Le procès s’est déroulé en deux jours au TGI de Koupèla après sa désignation par la Cour de cassation pour faire bénéficier aux policiers du privilège de juridiction.

Le TGI de Koupèla est donc convaincu que les deux policiers reconnus coupables des faits de tentative d’escroquerie et de corruption ont bien manœuvré pour soutirer de l’argent. Les policiers condamnés ont été aussi reconnus coupables de n’avoir pas rendu compte fidèlement et totalement au substitut Thiombiano. Ils ont aussi arrêté, mis en garde à vue puis levé cette garde à vue et perquisitionné le siège de la société sans rendre compte à l’autorité judiciaire. Les différentes parties ont 15 jours pour faire appel de la décision si elles ne sont pas satisfaites.

Atiana Serge OULON

 

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