Le Chef du gouvernement lors de sa nomination a déclaré que les gouvernants doivent donner l’exemple dans la gestion des ressources publiques

PRIMATURE : Le salaire illégal d’un conseiller spécial

Le conseiller spécial chargé des questions juridiques de la Primature Souleymane Coulibaly perçoit illégalement un salaire. Il continue d’émarger au budget de son ancien corps, la magistrature alors qu’il est retraité depuis le 31 décembre 2019.

Par Atiana Serge OULON atioul7@yahoo.fr

C’est un bonus pour le magistrat à la retraite Souleymane Coulibaly. Sitôt retraité sitôt employé avec conservation de son salaire. Admis à la retraite le 31 décembre 2019, il a été appelé à la Primature où il a été nommé conseiller spécial chargé des questions juridiques, le 06 mai dernier. Cette nomination est intervenue alors qu’il continuait de percevoir son salaire de premier président du Conseil d’Etat. Celui qui a commencé sa carrière le 1er novembre 1982 comme juge d’instruction l’a achevée comme premier président du Conseil d’Etat bénéficiait ainsi de la clause du décret sur les rémunérations du Premier ministre, des présidents d’institution et des membres du gouvernement. Il est dit dans ce décret que ces personnalités conservent leurs avantages six mois après avoir quitté leurs fonctions. Le Conseil d’Etat, juridiction supérieure de l’ordre administratif du pouvoir judiciaire a rang d’institution.

 

Souleymane Coulibaly, premier président du Conseil d’Etat

La jouissance de ces avantages prenait fin normalement en juin 2020. Mais seulement voilà, Souleymane Coulibaly désormais Conseiller spécial chargé des questions juridiques à la Primature continue d’émarger au Conseil d’Etat. Ce qui est une irrégularité. Au terme des six mois de conservation de son salaire de premier président du Conseil d’Etat, il devait être lié avec l’Etat burkinabè par un contrat. Un autre salaire devait être fixé en fonction de son nouveau poste. Un Conseiller spécial à la Primature a rang de Secrétaire général de ministère. Il ne peut donc être rémunéré comme magistrat. Pourtant il a gardé presque intact sa rémunération de magistrat. Son salaire de base de 650 000 en plus des indemnités de fonction de 135 000 francs, celle compensatrice forfaitaire de 100 000 francs et l’indemnité de représentation de 250 000. Le Conseiller spécial Coulibaly perçoit également une indemnité de logement de 80 000 francs CFA. Trois indemnités ne figurent plus sur son bulletin de paie lorsqu’il occupait le poste de premier président du Conseil d’Etat. Les indemnités de judicature, de sujétion et de résidence. Malgré le non cumul de ces trois indemnités, l’ancien juge d’instruction a un salaire mensuel qui s’élève à 1 041 214 francs après déduction de l’allocation vieillesse et de l’Impôt unique sur les traitements et salaire (IUTS). Un montant nettement au-dessus de sa fonction de Conseiller spécial à la Primature.

Souleymane Coulibaly étant un retraité ne peut plus continuer à émarger au compte du Conseil d’Etat. Sa nomination le 06 mai dernier a-t-elle été calculée pour lui permettre de continuer « à travailler au Conseil d’Etat » en étant conseiller spécial ou est-ce une négligence coupable? Ou encore le Chef du gouvernement Marie Joseph Christophe Dabiré a-t-il voulu récompenser un ancien camarade avec lequel ils ont mené la vie estudiantine en France dans les années 1970 ? L’intéressé n’était pas joignable au moment où nous écrivions ces lignes. Le directeur de la communication de la Primature Galip Somé, lui, répond par la négative. Il affirme que Souleymane Coulibaly a été nommé au regard de son expérience et qu’il peut éclairer le Chef du gouvernement sur les questions juridiques. Sauf que cet éclairage n’est pas sans conséquence sur les ressources financières de l’Etat. Le Premier ministre Christophe Marie Joseph Dabiré, est-il au parfum de l’affaire ou a-t-il donné un blanc-seing à son Conseiller spécial ?

Le 24 janvier 2019, à la sortie de la prise de contact du nouveau gouvernement avec le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, le Premier ministre Dabiré déclarait la tolérance zéro sur la mauvaise gestion et certains écarts. « Si nous voulons aller loin, le poisson pourrit par la tête, il faudra qu’au niveau du gouvernement, nous prenions des dispositions pour réduire le train de vie de l’Etat. C’est un engagement que le Président a pris à la fin de l’année et nous y travaillons ». Simple déclaration d’intention ou réelle volonté de donner l’exemple par le haut ? Le cas du Conseiller spécial Souleymane Coulibaly interroge fortement !

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