PRESOMPTION DE CORRUPTION, ESCROQUERIE ET EXTORSION DE FONDS : Le directeur de la Maison d’arrêt de Ziniaré écroué, un juge d’instruction en position délicate

L’inspecteur de la Garde de sécurité pénitentiaire (GSP) Kalfa Millogo a été écroué le 04 août dernier à la Maison d’arrêt et de correction de Kaya pour extorsion de fonds, escroquerie et corruption. Il lui est reproché d’avoir pris de l’argent avec des parents de détenus en vue de voir le juge d’instruction pour un traitement favorisé de leur dossier. Le juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Ziniaré, Somkièta Frédéric Béré, était-il au parfum de cette combine ? Des traces d’argent existent entre les deux hommes.

Par Atiana Serge OULON (atioul7@yahoo.fr)

La réserve. C’est le message qui nous a été envoyé lorsque nous avons voulu avoir la version du juge d’instruction du Tribunal de grande instance de Ziniaré Somkièta Frédéric Béré. Il n’a pas souhaité s’exprimer préférant nous renvoyer au procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de la ville ou à la présidente de cette juridiction située à une trentaine de kilomètres au nord de Ouagadougou. Pourtant les faits se rapportent à lui. Le 04 août dernier, lorsque le directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Ziniaré l’inspecteur GSP Kalfa Millogo est mis aux arrêts pour extorsion de fonds, corruption et escroquerie, il y a comme des indices d’une son implication probable.

Le procédé consisterait selon nos informations à prendre de l’argent avec les parents de certains détenus afin de voir le juge d’instruction pour un traitement judiciaire en faveur de leur proches en difficulté avec la justice. Tout serait parti de rumeur à Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau Central. Des parents de détenus qui ont versé de l’argent auprès d’un Garde de sécurité pénitentiaire (GSP) notamment le chef sécurité de la Maison d’arrêt et de correction de la ville et qui ont attendu en vain la contrepartie. Dame rumeur évoque le nom du chef sécurité de la Maison d’arrêt comme auteur de cette pratique. Informé, ce dernier estimant n’avoir rien à voir avec ces faits s’est rendu au palais de justice pour une dénonciation. Le substitut du procureur du Faso saisi du dossier a ouvert une enquête. De fil en aiguille, les faits se sont révélés accablant pour le directeur de la Maison d’arrêt de Ziniaré l’inspecteur de la Garde de sécurité pénitentiaire Kalfa Millogo. Certains détenus dont les parents ont versé de l’argent sans obtenir la contrepartie ont cherché à comprendre auprès de l’incriminé. Il les aurait menacé de durcir leur situation s’ils revenaient aux nouvelles. Au total, huit détenus dont les parents ont versé de l’argent pour obtenir des faveurs ont été entendus dans le dossier. Parmi ces personnes figurent celles mises en examen dans l’affaire du transport d’individus de Ouagadougou à Ziniaré par le Nouveau Temps pour la démocratie (NTD) en vue de l’enrôlement sur le fichier électoral. Le convoi avait été intercepté le 11 juin dernier. Au moins huit personnes sont mises en examen dans ce dossier pour fraude électorale. Quatre personnes dont Yacouba Kabré et Omer Ouédraogo et deux autres femmes bénéficient de liberté provisoire Quatre autres dont une femme et trois hommes sont maintenus en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Ziniaré.

Les sommes perçues oscilleraient entre 50 000 francs CFA à 1 000 000 de francs. Le préjudice s’élèverait à une dizaine de millions de francs CFA. Le directeur de la Maison d’arrêt de Ziniaré agissait-il vraiment en complicité avec le juge d’instruction du TGI de Ziniaré Somkièta Frédéric Béré ? Ou se servait-il de son nom pour servir d’appât ? Selon nos informations, l’inspecteur Millogo n’a pas reconnu un lien avec le juge d’instruction. Tout juste reconnait-il avoir procédé à des transferts d’argent au juge Béré. Mais il précise que cela a été fait dans le cadre personnel. Selon le procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Ziniaré Tondjoa Sagnan, l’enquête se poursuit et des faits doivent être précisés pour cerner l’ampleur du phénomène et des acteurs impliqués. Des victimes pourraient se signaler et feront le pas pour témoigner.

Placé en détention à la Maison d’arrêt et de correction de Kaya, l’inspecteur Millogo sera présenté aux juges le 12 août pour son jugement. Une formalité pour respecter le délai d’un mois qu’impose la loi pour juger tout dossier de flagrant délit. Cette étape sera franchie en attendant que la Cour de cassation désigne une juridiction de jugement pour juger le dossier vue la qualité d’officier de police judiciaire qu’a le directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Ziniaré. Ce n’est pas la première fois que l’inspecteur Kalfa Millogo se retrouve dans le circuit judiciaire. Ancien directeur de la Maison d’arrêt et de correction de Djibo, il avait été jugé et condamné en 2017 à une peine de prison avec sursis pour des faits similaires.

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