Police nationale : Ambiance délétère à Djibo autour de frais d’alimentation

Les policiers du commissariat central de police de Djibo dans le Soum sont-ils affectés ou détachés ? La réponse divise au sein de la police nationale après la perception de frais d’alimentation de 15 jours et trois autres mois sans prise en charge malgré les engagements et les assurances de la hiérarchie. Une situation frustrante qui alimente des suspicions de détournement.

Atiana Serge OULON atioul7@yahoo.fr

Mystère autour du statut des policiers déployés à Djibo pour faire fonctionner le commissariat central de police de la ville. Pour le Directeur régional de la police nationale du Sahel le commissaire principal de police Pierre Claver Konaté, « la situation est claire. » La quarantaine de policiers envoyés le 17 avril dernier à Djibo pour le fonctionnement du commissariat central de police de cette ville en proie aux attaques terroristes l’ont été sur la base d’une note signée par le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou. Cette affectation est intervenue selon les explications du directeur régional de la police du Sahel après évaluation des deux précédents détachements de policiers d’unités d’intervention suite à la réouverture du commissariat central de Djibo. Le commissaire principal Konaté d’ajouter qu’il y a eu une première équipe qui y a été déployée pour trois mois puis une deuxième.

Cette dernière a passé quatre mois à Djibo. C’est à la suite de ce détachement qu’il a été décidé d’affecter des éléments sur une durée maximum d’un an. « La situation est favorable à cela » soutient le directeur régional de la police nationale du Sahel. Il n’est donc pas question de frais d’alimentation.  Autrement tous les policiers affectés dans les autres commissariats de police seront en droit d’en réclamer et d’en bénéficier. Une version qui semble ne pas convaincre du côté des policiers. Selon nos informations, la quarantaine d’éléments ont bénéficié de 16 jours de recyclage. Le 17 avril 2021, ils ont embarqué de Ouagadougou pour Djibo. Les flics sont casernés avec pour mission de défendre le commissariat central de police et de faire de la police administrative. Avant de partir, ils ont chacun, après émargement, reçu 75 000 francs CFA soit 5 000 francs CFA par jour et par élément pour 15 jours. Cette somme représente une prise en charge alimentaire à Djibo.

Le directeur général de la police nationale, le contrôleur général Jean Bosco Kiénou, est appelé à ouvrir l’œil

Selon nos informations, le Directeur régional de la police nationale du Sahel le commissaire principal de police Pierre Claver Konaté a rassuré la quarantaine d’hommes qu’il y avait sur place au chef-lieu de la province, soixante sacs de riz et de haricots et vingt bidons d’huile pour leur dotation alimentaire. « J’ai pris l’engagement de trouver des vivres. Je n’ai pas promis une quantité précise », affirme le commissaire principal de police Pierre Claver Konaté. Une fois sur place à Djibo, les policiers ne trouveront que 08 sacs de haricots et 04 sacs de riz laissés par l’équipe partante. Ils ont dû cotiser pour leur alimentation pendant deux semaines. La dotation n’a pas été faite. Ils ont dû cotiser une deuxième puis une troisième fois sans que la situation ne s’arrange. Où sont partis les frais de prise en charge alimentaire quotidienne? Pourquoi c’est uniquement des frais alimentaires de 15 jours qui ont été servis avant le départ ? « Le déploiement a lieu en milieu de mois. Les éléments ont donc demandé s’il était possible que la hiérarchie leur octroie des frais pour leur alimentation. C’est ainsi que la somme de 75 000 francs CFA a été donnée à chacun en raison de 5 000 par jour » répond le directeur régional de la police nationale.

Cette version ne passe pas du côté des policiers. Ce qui est diffèrent de ce qui leur a été dit avant leur départ. Les frais ont été versés comme frais alimentaires, soutiennent plusieurs sources.   Il y a eu le recyclage et des frais de restauration qui ont été servis avant le départ. Deux premiers groupes ont été ainsi traités, à en croire les mêmes sources. Une rencontre s’est tenue entre hauts responsables de la police nationale en fin juin et la position de détachement aurait été réaffirmée selon les mêmes sources. Selon nos informations, il ressort que les policiers du commissariat central de police de Djibo sont en situation de détachement. Toujours est-il que la situation ainsi créée n’est pas de nature à garantir la sérénité et le moral des éléments.

La quarantaine de policiers déployés en avril dernier est la troisième relève de policiers au commissariat central de police de Djibo. Les deux précédentes équipes ont perçu des frais d’alimentation pendant leur séjour de trois à quatre mois selon.

Le commissariat central de police de Djibo avait été fermé le 12 septembre 2019 après le départ des policiers. Le Soum est le point de départ des attaques terroristes au Burkina. Province natale du fondateur du groupe terroriste Ansarul islam Malam Dicko, la province a essuyé plusieurs attaques armées, des enlèvements, des assassinats ciblés y compris le chef-lieu Djibo. Les différents commissariats de police ont fermé les uns après les autres. Le commissariat central de police de Djibo est le seul service de police dans la province qui compte neuf communes. Le commissariat central de police a finalement été réouvert le 11 septembre 2020 sur instruction du président du Faso Roch Marc Christian Kaboré.

Gendarmerie nationale

Des pratiques de retenue de frais de mission

Des bruits de paiement de frais de mission se font aussi entendre à la gendarmerie. Selon nos informations, les gendarmes déployés dans certaines positions dans la première région de gendarmerie, Kaya, sont pris en charge en raison 2 000 francs CFA pour les frais d’alimentation et 4 000 francs pour la prime d’opération intérieure soit un total de 6 000 francs. Mais selon nos informations, ces frais ne sont pas payés en totalité ajouté aux retards de plusieurs mois. Selon nos sources, les gendarmes déployés ne reçoivent que 2 500 francs au lieu des 6 000 francs. Cette somme est payée par la première région de gendarmerie. En raison de leur qualité de militaire, du type de mission et du poste, l’Etat-major général des armées à travers le groupement des forces de sécurisation du Nord procède au paiement de ces frais. Dans ce cas, les gendarmes reçoivent la totalité du montant soit les 6 000 francs CFA. Une situation qui laisse croire aux gendarmes déployés que « c’est à la première région de gendarmerie à Kaya que leur argent est coupé. » Contactée, l’Etat-major de la gendarmerie n’a pas été en mesure de nous revenir pour nous éclairer davantage.

En plus de ne pas recevoir la totalité de leur frais, le paiement accuse par moment des retards. Il est déjà arrivé que face à cette situation, des éléments menacent d’abandonner leur poste et rentrer. Le paiement a été fait illico presto après ces menaces.

ASO.

 

 

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