MESURES SOCIALES DU GOUVERNEMENT : Des zones d’ombre dans la mise en œuvre

Les mesures sociales décidées par le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré le 02 avril dernier présentent des zones d’ombre dans leur mise en œuvre. Ces décisions devraient soulager la population confrontée à la crise sanitaire que connaît le Burkina. Décryptage.

Par Raphaël N. ASPAVATI   aspavanou@gmail.com

 

Comment s’opérationnalisent les mesures sociales décidées par le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré ? Le ministre de l’Energie, Bachir Ismael Ouédraogo, a tenu à lever toute équivoque au cours d’un point de presse le samedi 4 avril dernier. A l’occasion, il est revenu sur les mesures sociales du président du Faso en lien avec son département et a dissipé toute inquiétude quant à la consommation des abonnés aux compteurs prépayés.

Selon le ministre, tout citoyen connecté au réseau de la Sonabel avec une puissance de 3 ampères bénéficie de la gratuité de l’électricité. « Nous avons fait des estimations de telle sorte qu’avec les mesures sociales, la totalité de la tranche sociale qui est de 75 KWh de consommation par mois soit prise en charge » a-t-il fait savoir. « « Les clients qui ont les branchements de 3 A ont en moyenne des factures mensuelles de 6 676 FCA alors que la mesure sociale accorde jusqu’à 7132 FCFA », a-t-il précisé.

Quant aux clients qui utilisent les compteurs de 5 à 10 ampèremètres, « leur consommation moyenne mensuelle est d’environ 100 KWh et la facture moyenne mensuelle est de 13468 FCFA », souligne-t-il. Il ajoute : « La mesure couvre la moitié de leur consommation, soit une somme de 7531 FCFA ».

Ces mesures qui s’appliquent aux abonnés des compteurs post payés le sont également  pour les  abonnés des compteurs prépayés. En termes clairs, selon le ministre de l’énergie, Bachir Ouédraogo, les clients de la Sonabel qui utilisent les « cash power » sont pris en compte par les mesures sociales.

Même ceux qui utilisent les plaques solaires ne sont pas mis en marge. « Le prix des kits solaires home system (5H5) est réduit de moitié », insiste le ministre. Il spécifie : « Toutes taxes associées à la consommation d’électricité comme la TVA, la taxe de soutien au développement des activités audio visuelles et la taxe de développement de l’électricité sont annulées ». Il en est de même des pénalités de retard.

Les Coopératives d’électricité (COOPEL) bénéficient également « d’une réduction du montant des factures à hauteur de 515 144 099 FCFA », informe le ministre de l’énergie. Il conclut que toutes ces mesures d’accompagnement en faveur de la population sont évaluées à 15 milliards de FCFA et touchent 667 ménages. En plus, il y a un rabattement de 50% sur les factures d’électricité pour les couches sociales utilisant des branchements de 5 et 10 ampères monophasés. S’en suit l’annulation des pénalités sur les factures de la Sonabel sans oublier la réduction de moitié prix des kits solaires.

La question de l’eau

Dans le secteur de l’eau, c’est le ministre de l’Eau et de l’assainissement, Niouga Ambroise Ouédraogo qui apporte des éclaircissements. « Les factures d’eau de la tranche sociale (0 à 8 m3 ) de tous les abonnés sont prises en charge par l’État et sont estimées à plus de 3 milliards de fcfa », précise-t-il lors de la conférence de presse du gouvernement, le 7 avril dernier.

Quant aux factures d’eau dans les marchés et yaars, le ministre a fait savoir qu’elles coûteront 50 milliards et que l’annulation des pénalités est estimée à 415 millions FCFA.

La gestion de la gratuité de l’eau au niveau des bornes fontaines était le sujet à polémique. Niouga Ambroise Ouédraogo a insisté sur le contrat qui les gérants de fontaines et l’Onéa. « Au niveau des bornes fontaines, l’eau est servie gratuitement à tout usager qui s’y présente. Les fontainiers vont servir l’eau gratuitement aux populations car ils ont des contrats avec l’Onéa et ils vont les respecter. Tout contrevenant se verra retirer son contrat », a-t-il expliqué. Dans la réalité, certains gérants de bornes fontaines continuent de faire payer leur service.

L’épineuse équation

Au niveau des marché et yaars fermés, les mesures sociales prévoient la distribution de vivres aux personnes vulnérables à travers leurs faîtières. Comment procéder pour que la vendeuse de tomate qui n’a pas de hangar ni de boutique mais qui vend dans le marché puisse être répertoriée et bénéficier de ce don de vivres ? Comment faire pour que la vendeuse d’ignames qui étale sa marchandise le long des allées du marché puisse être prise en charge ? Autant de questions dont les réponses constituent des zones d’ombre.

Pour ce qui concerne  les entreprises, il y a une série de mesures fiscales dont  l’exonération de la TVA sur la vente des produits utilisés dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, l’exonération des taxes et droits de douanes sur les  produits pharmaceutiques, les consommables médicaux et équipements entrant dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, les remises d’impôts,  la réduction de 25% de la patente au profit  des entreprises du secteur de transport des personnes et l’hôtellerie. Autant de dispositions entourées de zones d’ombre difficiles à cerner.

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