L’Afrique dans les dédales du signe indien

Par Germain B. NAMA

L’annonce de la candidature d’Alassane Ouattara à un troisième mandat n’est malheureusement pas une surprise. L’événement c’était plutôt la promesse faite quelques mois plus tôt qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Le président ivoirien avait accompagné son propos d’un argumentaire soutenu, faisant la part belle à la jeunesse ivoirienne appelée à assumer désormais les plus hautes responsabilités du pouvoir d’Etat. Cette annonce se voulait moralisante dans un environnement où les vieux ténors de la politique ivoirienne font toujours le gué du pouvoir. L’homme s’est dédit le 6 août dernier à la veille de l’indépendance lors de son adresse à la nation.  La raison ? La mort de Gon Coulibaly, celui qu’il avait préparé pour le remplacer.  L’argument a du mal à convaincre tant il est spécieux. Ainsi son engagement ne reposait donc pas sur une conviction solidement vissée à un principe. C’était donc Gon et pas quelqu’un d’autre parmi les jeunes. Allez donc faire avaler ça à la jeunesse ivoirienne et africaine ! Revoilà la Côte d’Ivoire plongée dans ses vieux démons. Tout juste à côté, en Guinée, c’est Alpha Condé qui pointe le nez. On le voyait venir depuis la réforme de la constitution, malgré ses louvoiements. Le cas d’Alpha Condé interpelle la jeunesse révolutionnaire africaine.  Ces nouveaux arnaqueurs politiques qui ne reculent devant rien, pas même devant la honte pour atteindre ses buts. Les voilà ces hommes, prêts à bruler leur pays pour réchauffer leur café,  comme le disait Norbert Zongo. Et les constitutions ? Eh bien, elles disent tout et le contraire. Chaque partie peut s’en prévaloir pour défendre sa cause. Il s’en trouvera des disciples dans chaque camp pour mener la guerre sainte.  Quand aux désespérés, ceux qui n’ont pas de mémoire se tourneront vers l’ancienne puissance coloniale d’où ils croient pouvoir attendre le salut. La France, puisqu’il faut la nommer, a des positions à géométrie variable. Elle n’a qu’une seule boussole : ses intérêts. Les exemples parlent d’eux-mêmes : le Togo, le Cameroun, la Centrafrique de Bokassa etc… Il est donc illusoire d’espérer quelque chose de ce côtés.

« La jeunesse doit mener son propre combat et refuser les combats par procuration dont l’expérience montre qu’ils conduisent presque toujours dans des voies de garage »

Nous voici devant le cas ivoirien et guinéen. Les beaux principes de la bonne gouvernance édictés par la francophonie et la CEDEAO seront une fois de plus durement éprouvés et les gardiens du Temple n’en diront rien. Tout au plus adopteront-ils une posture hypocrite pour sauver les apparences.

Les jeunesses africaines instruites de leur histoire ont néanmoins de quoi vaincre le signe indien. Il n’y a pas d’autre solution que d’assumer leur rôle historique, avec conviction et détermination. Les Sénégalais et les Burkinabè ont réussi à empêcher que leurs dirigeants qui étaient au pouvoir ne s’y éternisent, fussent par des artifices juridiques. Mais il y a néanmoins une leçon à tirer de ces luttes. La jeunesse doit mener son propre combat et refuser les combats par procuration dont l’expérience montre qu’ils conduisent presque toujours dans des voies de garage. En Côte d’Ivoire tout comme en Guinée, le potentiel juvénile existe et fait ses preuves chaque jour.  Il est impérieux de construire les solidarités nécessaires à la fois nationales et internationales pour accroitre le niveau des capacités. Au Burkina, depuis la post-insurrection, on constate ça et là l’apparition de mouvements et de partis politiques de jeunes, fatigués des offres politiques émanant de la vieille garde. Ils devraient en bonne intelligence, travailler à créer des convergences dynamiques capables de transformer cette colère que l’on voit monter en véritable force sociale porteuse de changement vrai.

Voir aussi

CONTROLES ROUTIERS A OUAGADOUGOU : Les dessous de l’affaire

Le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou a autorisé …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *