Fédérations sportives : Entre espoir de renouveau et fin des bisbilles

L’année 2020 coïncide avec le renouvellement des bureaux des fédérations sportives au Burkina Faso. Si la période de précampagne retient l’attention au niveau du sport roi, le footabll, les autres disciplines espèrent, par ces renouvellements, se donner un nouveau souffle ou en finir avec les bisbilles.

Au cyclisme, c’est le divorce entre Alassane Ouangrawa, l’ancien président de la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC) et son successeur le commandant Yasnémanégré Sawadogo. Une embrouille s’est installée entre les deux hommes depuis plusieurs mois. Le premier reprochant au deuxième de l’avoir écarté et de manquer de reconnaissance à son endroit. Yasnémanégré Sawadogo est arrivé à la tête de la FBC grâce au soutien d’Alassane Ouangrawa qui l’a proposé alors qu’il était hors du pays pendant l’élection du bureau de la FBC en 2016. En plus de cela, des soupçons de racket de prime concernant un soutien fort de l’actuel président, Mahamadou Ouédraogo dit Bakala l’ont encore fragilisé. Alassane Ouangrawa dont l’influence est reconnue dans le milieu pour son soutien à plusieurs clubs a répondu favorablement à la demande de soutien de Amédé Béréwoudougou, président de l’Association des jeunes coureurs de Koudougou (AJCK). Les rapports entre Berewoudougou et Sawadogo ne sont pas bonnes selon des personnes averties du milieu de la petite reine.

Face aux critiques, l’actuel patron du cyclisme burkinabè voudrait prouver à ses détracteurs qu’il pourrait se faire élire sans leur soutien. Mais, la bataille semble perdue d’avance puisque son premier vice-président vient de quitter le navire. Annoncé comme candidat, Lazare Zabré, premier vice-président vient de se rallier à Amédé Béréwoudougou faisant ainsi de lui le favori pour diriger le cyclisme burkinabè pendant les quatre prochaines années.

En finir avec les conflits à la boxe

La boxe burkinabè est à l’agonie si elle n’est même pas morte. Les activités de cette discipline qui faisait la fierté du Burkina Faso sont bloquées par une crise interne depuis 2017. Il est reproché au président Abdramane Koné, sa gestion solitaire de la Fédération burkinabè de boxe (FBB) et des détournements de fonds. Il était ouvertement en conflit avec son secrétaire général Abdoul Ouédraogo, leader d’un groupe de dissident qui avait même appelé à une assemblée générale extraordinaire pour un vote de défiance. Après plusieurs péripéties, le ministre des Sports et des loisirs Daouda Azoupiou a tenté une conciliation qui semblait avoir produit des fruits. « Nous avons échangé avec les deux parties et chacun a pu dire ce qu’il avait sur le cœur. Nous avons ensemble échangé et nous avons choisi de repartir sur de bons pieds et permettre à cette fédération de continuer à jouer son rôle de former des athlètes et leur permettre de se battre », a confié le ministre Azoupiou le 11 janvier 2019 après une rencontre entre les deux parties. Certains estiment que cette tentative de conciliation visait à sauver la face du président Abdramane Koné qui ne devrait plus se représenter cette année.

Relancer le basketball burkinabè

Au niveau du basketball, la relance de la discipline est la principale préoccupation des différents acteurs. Depuis quelques saisons, la balle orange a dû mal à rebondir. Dès l’annonce de la décision du président de la Fédération burkinabè de basketball (FEBBA) Joachim Baky de se retirer, deux candidats se sont annoncés. Il s’agit de Charles Bado, ancien joueur des Kadiogo Bulls, président de l’Etoile Filante de Ouagadougou (EFO) et de l’AS ONEA. Son adversaire Souleymane Yaméogo dit Yamsoul a dirigé l’AS SONABHY. Les deux hommes connaissent très bien le milieu du basketball et étaient déjà des membres fédéraux. Cependant, des tentatives de conciliation sont menées. Dans les coulisses, certains annoncent qu’un consensus pourrait être trouvé. Souleymane Yaméogo pourrait occuper le poste de président tandis que le poste de 1er vice-président pourrait revenir à Charles Bado. Enfin, Mamadou Belem, ancien président de fédération pourrait occuper le poste de secrétaire général. Mais, les différentes parties accepteront-ils ce consensus ? Difficile de répondre au vu des prétentions de ces candidats.

Six candidats pour un poste

La précampagne est lancée au niveau du football depuis la sortie d’un groupe de soutien à la candidature de Sita Sangaré le 24 février 2020 pour demander au président de la Fédération burkinabè de football (FBF) de se présenter pour un troisième mandat. Mais, c’est désormais connu, le colonel Sita Sangaré n’a pas l’autorisation de la hiérarchie militaire pour prendre part à d’autres structures associatives. S’il semblait faire de la résistance au départ, Sita Sangaré a fini par se conformer à cette décision. Il a d’ailleurs confié à un groupe de journalistes africains qu’il a plutôt céder à la pression d’un groupe d’acteurs qui lui demandait de se présenter à nouveau. Son nouveau poulain est Lazare Banssé, ancien président du Conseil d’administration de l’EFO. Cette annonce a créé une déchirure dans le camp de Sita Sangaré. Son ancien secrétaire général et directeur de campagne, Bertrand Kaboré, a décidé, cette année, de se lancer dans la course, frustrée de n’avoir pas été choisi. « Humainement, c’est tout à fait normal, je pensais que le président Sangaré, après tout ce que nous avons eu comme collaboration depuis 2012 jusqu’à 2020, j’aurai pu bénéficier de sa confiance. Mais lui seul sait pourquoi il ne m’a pas choisi. Cela ne diminue pas mon amour pour le football et cela ne me pose pas un problème particulier avec lui », a expliqué Bertrand Kaboré à Afrique média foot. Bertrand Kaboré reconnaît une main tendue de Lazare Banssé mais il a refusé : « C’est vrai que le candidat Lazard Banssé m’avait proposé de travailler avec lui et m’avait même proposé un poste. Mais dans la vie, il faut avoir la franchise de dire ce qu’on peut accepter et ce qu’on ne peut pas accepter et de proposer aussi ce qu’on a comme idée. Il appartiendra aux acteurs du football de décider ».

De l’argent circule au football

Six candidats sont déjà annoncés pour cette élection à la FBF. En plus de Lazare Banssé et Bertrand Kaboré, Amado Traoré, président du Conseil d’administration de Majestic SC, Mory Sanou, administrateur de sport, Laurent Blaise Kaboré, 1er vice-président de la FBF et Karim Baguian dit Lota sont également annoncés comme candidats. Lota, le sixième candidat annoncé, a dévoilé officiellement ses intentions le samedi 6 juin 2020 à Toécé (70 km de Ouagadougou). Cependant, certains candidats pourraient être bloqués lors des dépôts des dossiers de candidature. Chaque candidat devrait être parrainé par au moins deux ligues, deux clubs de première division, un club de deuxième division, un club de troisième division en plus d’une caution de deux millions de francs CFA. Aucun membre ne peut parrainer plus d’un candidat. Déjà, on annonce des manœuvres de corruption des différents présidents de ligues pour arracher leur parrainage. Des informations fortes persistantes font état de proposition de deux millions de francs CFA à des présidents de Ligue pour arracher leur parrainage avec cinq millions de francs CFA en plus en cas de victoire. L’élection du président de la FBF aura lieu le 22 août 2020 à Bobo-Dioulasso.

Ousmane SADARE

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