DOSSIER THOMAS SANKARA : 25 personnes mises en examen

Le juge d’instruction du cabinet numéro 01 du Tribunal militaire de Ouagadougou a terminé son enquête dans le dossier du président Thomas Sankara et douze de ses compagnons, tués le 15 octobre 1987 au Conseil de l’Entente de Ouagadougou. L’instruction a été achevée au début du second semestre de cette année.

Par Atiana Serge OULON (atioul7@yahoo.fr)

Thomas Sankara et Blaise Compaoré

Un pas de plus vers la manifestation de la vérité judiciaire dans le dossier de Thomas Sankara et douze de ses compagnons. 25 personnes sont mises en examen dans le dossier Sankara et douze de ses compagnons, tués le 15 octobre 1987 en séance de travail au Conseil de l’Entente de Ouagadougou.  Plusieurs militaires dont le Général Gilbert Dienderé, Banagoulou Yaro, Wampasba Nacoulma, Salam Yerbanga, Bossobè Traoré, Nabonswendé Ouédraogo, Youngton Bansé sont sur la liste des personnes mises en examen. Le journaliste à la retraite Gabriel Tamini figure aussi sur la liste.

Deux personnes sont sous le coup de mandat d’arrêt international. Numéro 2 du Conseil national de la révolution (CNR) au moment des faits, Blaise Compaoré, président du Front populaire à la suite du Coup d’Etat d’octobre 1987 est dans le collimateur de la justice. Celui qui a passé 27 ans au pouvoir vit en exil en Côte d’ivoire. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui. L’ex militaire Hyacinthe Kafando ancien chef de la sécurité rapprochée du président Compaoré, hors du pays, est aussi sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Hyacinthe Kafando après l’ouverture démocratique en 1991 a été élu plusieurs fois député à l’Assemblée nationale sous les couleurs de l’ex parti au pouvoir le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Les personnes mises en examen sont soupçonnées à des degrés divers des faits d’assassinat, d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de recel de cadavre et de faux en écriture publique. Pour le juge d’instruction, la mort de Thomas Sankara a été préméditée et planifiée.

Le juge d’instruction du cabinet numéro 01 du Tribunal militaire devra rendre l’ordonnance de clôture dans les prochains jours. Le dossier sera envoyé à la Chambre de contrôle qui passera au peigne fin les différents actes du juge d’instruction. L’audience de mise en accusation qui concerne les différentes parties au procès, avocats, personnes mises en examens et procureur militaire se tiendra pour décider de la suite de la procédure. Des centaines de personnes militaires et civiles, Burkinabè et non Burkinabè ont été entendues par le juge en charge du dossier. Des archives de l’Etat français ont été mis à la disposition de la justice burkinabè. Des expertises balistiques ont été faites. Les tests ADN réalisés par des laboratoires en Espagne et en France sur la présumée dépouille de Thomas Sankara n’ont pas permis de certifier que c’est bel et bien la dépouille de Sankara au cimetière de Dagnoën. Une reconstitution des faits avec les acteurs au Conseil de l’Entente a été également faite.

Il y a 33 ans, Thomas Sankara alors président du Faso, leader du Conseil national de la révolution (CNR), 04 août 1983-15 octobre 1987 est tué par des militaires. Celui qui est considéré comme l’un des grands dirigeants du XXè siècle était en séance de travail avec une douzaine de ses collaborateurs. Tous furent tués excepté un seul. Alouna Traoré est le seul survivant de cette tuerie. Le juge d’instruction en charge du dossier l’a auditionné.

Le dossier judiciaire Thomas Sankara a commencé le 03 octobre 1997 avec une plainte contre X pour assassinat et faux en écriture administrative auprès du doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Ouagadougou. La plainte déposée par la veuve Mariam Sankara ne prospéra pas. La justice se déclarera incompétente. L’affaire trainait. Aucun ministre de la Défense n’a voulu signer l’ordre de poursuite ouvrant la voie à la saisine de la justice militaire. Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, saisie par la famille du leader du CNR, a soutenu que l’Etat burkinabè a violé les droits de la famille du président Sankara en refusant de mener une enquête sur la mort de Thomas Sankara, de reconnaitre officiellement le lieu de la dépouille et de rectifier l’acte de décès. Le Comité concluait à un traitement inhumain violant l’article 07 du pacte des droits civils et politiques. C’est finalement en 2015 sous la Transition que l’ordre de poursuite a été signé par le ministre de la Défense Yacouba Isaac Zida à l’époque.

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