DOSSIER DABO BOUKARI : Le dossier renvoyé au juge d’instruction

La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou a renvoyé le dossier de l’ex étudiant en médecine Dabo Boukari au juge d’instruction en charge du dossier au nom du droit de la défense. La décision a été rendue le 16 juillet dernier.

Par Atiana Serge OULON

Ce n’est pas pour bientôt le procès de l’étudiant Dabo Boukari, arrêté et torturé à mort le 19 mai 1990 au Conseil de l’Entente de Ouagadougou. La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Ouagadougou présidée par Mahamoudou Sanogo après les débats à huis clos le 11 juin dernier a décidé de renvoyer le dossier au juge d’instruction du cabinet numéro 04 du Tribunal de grande instance de Ouagadougou en charge du dossier. La Chambre a accédé à l’argument des avocats du général Gilbert Dienderé, mis en examen dans le dossier. Les conseils de l’officier général ont argué qu’ils n’ont pas été destinataires de l’ordonnance de soit communiquer pour règlement définitif du juge d’instruction afin qu’ils fassent des observations s’il y a lieu.

Pour les juges de la Chambre de l’instruction, il y a donc eu violation des droits de la défense. L’ordonnance de règlement définitif sera donc renvoyée au juge d’instruction. Il se chargera de la notifier aux avocats de l’ancien Chef d’état-major particulier de la présidence du Faso. S’il n’y a pas d’appel, le dossier sera directement renvoyé pour jugement. Les autres avocats constitués dans le dossier, notamment ceux de la famille de l’étudiant, celui du médecin lieutenant-colonel Mamadou Bamba, eux, avaient chacun reçu une copie de l’ordonnance. Le greffier du juge d’instruction les avait individuellement joints au téléphone afin qu’ils viennent prendre la copie de l’ordonnance.

Après 18 mois de procédure, l’enquête du juge d’instruction du cabinet numéro 04 par ailleurs doyen des juges d’instruction du Tribunal de grande instance de Ouagadougou a permis de pointer la responsabilité de trois militaires dans la mort de l’étudiant en 7è année de médecine.

En 1990, Mamadou Bamba était un étudiant militant à l’Université de Ouagadougou aujourd’hui Université Joseph Ki Zerbo. Il était un délégué des Comités révolutionnaires (CR) sur le campus. L’actuel médecin lieutenant-colonel Mamadou Bamba, en détention à la Maison d’arrêt et de correction des armées (MACA) dans le cadre du putsch manqué de septembre 2015, soupçonné d’être l’indicateur des militaires de l’ex sécurité présidentielle pour les interpellations des étudiants est mis en examen pour complicité d’arrestation illégale et de séquestration aggravée.

Le général Gilbert Dienderé, capitaine dans les années 1990, est accusé de complicité d’arrestation illégale, de complicité de séquestration aggravée et de recel de cadavre. L’officier aurait instruit l’enlèvement du corps de Dabo Boukari après sa mort puis de l’inhumation à Pô, ville située à 147 kilomètres au sud de Ouagadougou. L’officier général est également en détention à la MACA pour une peine de 20 ans.

Sergent à l’époque, Magloire Victor Yougbaré a été mis en examen pour arrestation illégale et séquestration aggravée. Le jour de l’enlèvement de l’étudiant, il serait le conducteur du véhicule dans lequel a été embarqué Dabo Boukari. L’ancien sous-officier des forces armées nationales est sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Magloire Victor Yougbaré résiderait en Italie. Il a souhaité être entendu par la justice.

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