CONTROLES ROUTIERS A OUAGADOUGOU : Les dessous de l’affaire

Le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou a autorisé le 15 octobre dernier la reprise des contrôles routiers à Ouagadougou trois jours après que son directeur régional du Centre le commissaire divisionnaire Désiré Ouédraogo disait le contraire. Cet épisode cache bien un malaise au sein du ministère de la Sécurité avec le choix des hommes dans le commandement de l’institution policière.

Par Atiana Serge Oulon

A Ouagadougou, les policiers sont présents ce jeudi 15 octobre sur les principaux carrefours. Les instructions du directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou pour le maintien des contrôles sécuritaires et documentaires dans la capitale burkinabè ont été exécutées. Le patron de la Police burkinabè venait ainsi de balayer la décision de suspension des contrôles routiers décidée par le directeur régional de la Police nationale le commissaire divisionnaire Désiré Ouédraogo à l’échelle de la région du Centre comprenant que la province du Kadiogo.

Ce dernier a cru bien faire face aux plaintes et dénonciations récurrentes de rackets des policiers lors des contrôles que de les suspendre jusqu’au 15 décembre prochain sauf les opérations conjointes. Une décision qui a fait bondir dans la haute sphère de la Police. Une source policière indique que le directeur régional le commissaire divisionnaire Désiré Ouédraogo est allé trop vite en besogne. La note de service suspendant les contrôles à Ouagadougou n’était pas fondée professionnellement, a poursuivi notre source. « L’indélicatesse de quelques éléments identifiables et sanctionnables ne saurait priver la population de sécurité », a-t-elle ajouté.

Jean Bosco Kiénou

Le problème n’était pas qu’à la décision de suspension des contrôles routiers critiquable sur le plan professionnel. De sources bien introduites, le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou n’a pas été mis au parfum de l’initiative du directeur régional. Il a été destinataire comme tout le monde de la note de service du directeur régional. Trois jours après sa note de décision, les policiers sont de retour dans la circulation de Ouagadougou. Le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou les y a instruit de maintenir les contrôles compte tenu de la situation sécuritaire. Cette note du directeur général de la Police nationale sonne comme un camouflet pour le directeur régional. Sa nomination n’a pas été le résultat de vision concertée entre le premier responsable de l’institution policière et le ministre de la Sécurité Ousseni Compaoré.

C’est aussi la conséquence d’hommes « imposés » par le ministre Compaoré dans l’occupation de postes de responsabilité à la Police nationale. « Autrement face à l’erreur d’appréciation de suspension des contrôles routiers des véhicules dans la région du Centre, le directeur régional pouvait prendre une autre note de service pour revenir sur sa décision. Cela aurait pu éviter ce cafouillage qu’a offert la police nationale » commente un observateur. Si cela n’a pas été fait, est-ce du fait qu’entre les deux hommes le contact n’est pas aussi fluide ?

Le directeur régional de la Police nationale du Centre est perçu comme un élément du ministre Compaoré. Ce dernier à son arrivée au département de la Sécurité le 24 janvier 2019 a voulu un changement d’hommes à certains postes de responsabilité. Le directeur général Kienou lui a préfèrerait de reconduire les hommes déjà en place. C’est dans cette situation que le ministre de la Sécurité a opéré ses premières nominations dans la Police. De source bien introduite, Ousseni Compaoré fait de l’immixtion dans la gestion de la Police nationale. Une situation qui n’est pas appréciée au sein de la hiérarchie policière. Ainsi, en août 2019, profitant de l’évasion de trois présumés terroristes dans le violon du commissariat de police d’arrondissement de Bogodogo, l’ancien gendarme à la retraite nomme le commissaire de police Aimé Lankoandé dans ce commissariat d’arrondissement de Ouagadougou. Le commissaire Lankoandé était avant sa nomination le directeur provincial de la Police nationale du Sourou.

Quelques mois plus tard, le patron du département de la Sécurité revient à la charge avec d’autres nominations. C’était au Conseil des ministres du 13 novembre 2019. Quatre responsables, les directeurs régionaux de la Police nationale du Centre, des Hauts Bassins et du Sahel ainsi que la directrice de la police judiciaire sont nommés. C’est dans cette vague que le commissaire divisionnaire Désiré Ouédraogo jusque-là directeur régional de la Police nationale du Nord débarque à Ouagadougou pour occuper le poste. Le ministre de la Sécurité Ousseni Compaoré a confié dans certains milieux vouloir se débarrasser du directeur général de la police Jean Bosco Kienou. Mais son initiative n’a pas reçu le feu vert au plus haut sommet de l’Etat. Le directeur général de la Police nationale le contrôleur général Jean Bosco Kienou bénéficie de soutiens solides.

A défaut de décoiffer le premier responsable de la Police nationale, Ousseni Compaoré procède par petites touches au placement des hommes qui lui sont proches. Le directeur régional de la Police nationale du Centre le commissaire divisionnaire Désiré Ouédraogo est un exemple. L’épisode de la suspension des contrôles des documents des cartes de grise, du certificat de visite et du permis de conduire des véhicules n’a été le révélateur des relations pas toujours au beau fixe et de bon fonctionnement dans le commandement de l’institution policière.

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