ATTAQUE DE LA BRIGADE DE GENDARMERIE DE SAMOROGOUAN : Bouba le Mossi et cinq autres personnes dans les filets de la justice

Six personnes sont mises en examen pour leur rôle dans l’attaque terroriste de la brigade de gendarmerie de Samorogouan province du Kénédougou, située à plus de 400 kilomètres à l’Ouest de Ouagadougou. L’enquête au pool antiterroriste du Tribunal de grande instance de Ouagadougou est close. L’attaque qui s’était déroulée le 09 octobre 2015, avait fait trois gendarmes tués.

Par Atiana Serge OULON (atioul7@yahoo.fr)

Les auteurs de la première attaque d’envergure au Burkina sont connus et identifiés. Boubacar Sawadogo dit Bouba le Mossi était le cerveau du groupe qui a perpétré l’attaque contre la brigade territoriale de gendarmerie, au petit matin du 09 octobre 2015 faisant trois gendarmes tués. L’enquête menée au pool antiterroriste du Tribunal de grande instance de Ouagadougou a établi la responsabilité de treize personnes, des Burkinabè et des Maliens, impliquées dans cet acte terroriste. Elles ont toutes participé à l’attaque et étaient sur les lieux.

Les six personnes mises en examen

Six des treize personnes mêlées sont mortes. Hamidou Sawadogo, fils du cerveau du groupe armé, a été abattu lors de l’attaque par les gendarmes. Abdoul Malick Sandara et Abdoulaye Sawadogo dit Abdallah, eux, ont été tués trois ans plus tard, le 22 mai 2018 lors de l’opération antiterroriste au quartier Ragnongo de l’arrondissement 11 de Ouagadougou. Ils étaient complices de la double attaque du 02 mars 2018 de l’Etat-major général des armées et de l’ambassade de France au Burkina. Yacouba Touré, Moctar Kindo et Tasséré Belem complètent la liste des assaillants morts impliqués dans l’attaque de la gendarmerie de Samorogouan. Le fils de Moctar Kindo, mineur présent pendant l’attaque, n’a pas été mis en examen.

Bouba le Mossi, Moussa Maiga, Seydou Dembelé, Ousmane Dembelé, Lassina Sandara et Abdoulaye Ouédraogo eux sont en détention. Bouba le Mossi chef du groupe arrêté par les services de sécurité maliens en juin 2016 est toujours en détention à Bamako. S’il n’est pas extradé au Burkina il sera jugé par défaut.

Les faits

Burkinabè d’une cinquantaine d’années, Boubacar Sawadogo dit Bouba le Mossi a conduit l’attaque. Il est décrit comme un radicalisé frôlant la folie. Le natif de Kaya dans le Sanmentenga était au Mali pendant l’occupation djihadiste en 2010 de la partie Nord de ce pays voisin du Burkina. Après l’intervention française en janvier 2013 qui a chassé les terroristes des zones occupées, Bouba dit le Mossi se retrouve au Burkina. Il vit dans un premier temps à Ouagadougou puis dans un second temps à Bobo Dioulasso. Les membres du groupe se sont connus au Nord Mali. Bouba le Mossi étaient affiliés au chef djihadiste Iyad Ag Ghaly et à son groupe Ançar dine qui a fusionné plus tard avec d’autres mouvements terroristes pour donner le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

A Bobo Dioulasso, ils décident d’installer une base terroriste. Ils entreprennent de procéder à des recrutements. Tasséré Belem et Moussa Maiga connaissent la localité de Samorogouan, province du Kénédougou. C’est eux qui ont repéré et trouvé la forêt dans laquelle le groupe faisait ses tirs d’armes d’entraînement. Le frère de Bouba le Mossi, Abdoulaye Sawadogo dit Abdallah transportait les armes. Les coups de feu au cours de ces entraînements ont alerté des bergers au nombre de trois. Identifiés, le groupe de Bouba le Mossi décide de les enrôler de force. Un d’entre eux a refusé catégoriquement d’adhérer à l’entreprise terroriste. Il a été égorgé. Les deux autres ont feint de suivre le groupe de malfaiteurs terroristes. Un jour, ils s’échappèrent. Ces bergers informèrent la brigade territoriale de gendarmerie de Samorogouan. Les gendarmes ont mené des ratissages. Des engins appartenant au groupe ont été retrouvés par les pandores et saisis. C’est ainsi que le groupe de Boubacar Sawadogo a décidé d’attaquer la brigade de gendarmerie. Ils passèrent à l’acte le vendredi 09 octobre 2015 autour de 04h du matin.

Boubacar Sawadogo en détention au Mali, Ousmane Dembelé, Seydou Dembelé, Lassina Sandara, Moussa Maiga et Abdoulaye Ouédraogo en détention à la Prison de Haute sécurité seront jugés pour assassinat, tentative d’assassinat, blessures volontaires par balles, destruction volontaire aggravée de biens, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, association de malfaiteurs le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Le dossier a été clôturé en octobre 2019. Il ne reste plus qu’à programmer la date pour la tenue du procès. Si les moyens logistiques et sécuritaires sont réunis, le procès des auteurs de l’attaque de la brigade de gendarmerie de Samorogouan pourrait se tenir au cours de cette année judiciaire 2020-2021. Tout comme une trentaine de dossiers de personnes mise en cause pour terrorisme dont les enquêtes sont bouclées. La balle est dans le camp de l’Etat qui devra mettre les moyens qu’il faut au pool antiterroriste.

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