ARMEE NATIONALE : Gilles Bationo bientôt général ?

Le rang des généraux va-t-il grossir au Burkina ? La loi sur les conditions d’avancement des personnels des forces armées nationales a été relue de même que le statut général des personnels. Désormais, si la relecture est adoptée par l’Assemblée nationale, tout colonel peut rêver à une promotion au grade de général. Le plus en vue est le chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel Gilles Bationo.

Par Atiana Serge OULON

 

La loi sur le statut général des personnels des forces armées nationales et celle sur les conditions d’avancement dans l’armée, relues sont sur la table du ministre de la Défense nationale et des anciens combattants Moumina Cheriff Sy. Il ne reste plus qu’à les introduire dans le circuit législatif pour leur examen et adoption à l’Assemblée nationale. Si elles aboutissent, un colonel pourrait se voir nommer général dans l’armée burkinabè. Ce qui n’était pas possible au stade actuel de la loi qui ne prévoit que le grade de colonel major après la révision de novembre 2016.  L’ancien commandant de la deuxième région militaire ; le colonel major Edmond Compaoré connu sous le nom Sodaaga a présidé les travaux de la commission restreinte au ministère de la défense nationale et des anciens combattants. Les amendements ont été présentés à l’Etat-major général des armées.

La modification de la loi sur les conditions d’avancement des personnels de l’armée retient l’attention dans certains milieux militaires. L’article 34 de cette loi a été notamment relu.  Cet article stipule que « La nomination des officiers généraux à lieu au choix parmi les colonels majors titulaires du brevet de l’enseignement militaire supérieur des écoles de guerre ou de tout autre diplôme équivalent, sur proposition du ministre chargé des armées et après avis d’une commission ministérielle ». Après la relecture, le grade de colonel a été ajouté parmi les officiers supérieurs susceptibles d’être nommées généraux. Le choix peut se faire donc parmi les colonels. Au départ, le ministre de la Défense nationale et des anciens combattants a fait relire uniquement la loi sur les conditions d’avancement. C’était au premier trimestre de l’année selon nos informations. Mais les réactions dans des milieux avisés de l’armée ont vite fait revoir les plans du patron du département de la Défense nationale. Elles ont émis le souhait que les deux textes soient relus.

Selon des sources bien introduites, l’ajout du grade de colonel ne vise que le chef d’état-major de l’armée de terre Gilles Bationo. Pour mieux faire passer la décision, on a fait miroiter aux autre chefs militaires la possibilité de faire des autres patrons de l’armée des généraux. Ainsi, les chefs d’état-major de l’armée de l’air, de la gendarmerie, du groupement central des armées entre autres pourraient en bénéficier.

Le ministre en charge de la défense nationale Moumina Cheriff Sy et le chef d’état-major de l’armée de terre le colonel Gilles Bationo constituent un tandem. Une bonne entente existerait entre les deux hommes que tout a opposé en septembre 2015 lors du putsch manqué. L’un s’était autoproclamé président de la Transition par intérim vivant en clandestinité, l’autre commandant de la deuxième région militaire s’était opposé à la résistance au coup de force. Beaucoup d’eau semble avoir coulé sous les ponts. A son arrivée au département de la défense nationale le 29 janvier 2019, M. Sy après avoir échoué à faire nommer le colonel Bationo chef d’état-major général des armées par le président du Faso Roch Marc Christian Kaboré, s’est résolu à proposer le colonel Bationo au Chef de l’Etat pour l’état-major de l’armée de terre. Depuis, les contacts sont réguliers et au beau fixe entre les deux hommes.

La relecture des textes qui acte la nomination de généraux à partir du grade de colonel est perçu comme l’achèvement de la bonne entente entre les deux hommes. Officiellement installé le 12 février 2019 comme chef d’état-major de l’armée de terre, le colonel Gilles Bationo connaît une ascension ces dix dernières années. A 43 ans, il est promu colonel au 1er janvier 2013. Il a occupé tour à tour les postes de commandant de la deuxième puis de la première région militaire du Burkina. Le cinquantenaire, passé par l’ex Régiment de sécurité présidentielle (RSP) pendant trois ans a été également été le chef de corps du 25è Régiment parachutiste commando (RPC) de Dédougou. L’officier a commandé le premier contingent burkinabè sous le drapeau casque bleu de l’Organisation des Nations Unies au Mali. Le colonel Gilles Bationo est le plus jeune des chefs militaires actuellement. Les autres entités, armée de l’air, groupement central des armées, gendarmerie sont commandés par ses aînés de grade colonel major.

Il reste à convaincre le président Kaboré de la pertinence et des enjeux de cette relecture des textes de l’armée. Le ministre de la défense s’il va au bout de son projet, mettra la loi dans le circuit des projets de loi à la deuxième et dernière session ordinaire de l’Assemblée nationale.

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